Réflexions sur la transformation de l’Université de Montréal

Bâtir notre avenir

Notre Université est un agent de changement dans et pour la société, et l’innovation doit être au cœur de sa dynamique interne : c’est la source de notre succès et de notre réputation. Nous sommes dans le peloton de tête; nous voulons améliorer notre position et assurer notre leadership.

Le milieu universitaire se transforme. Il est donc impératif de se repenser. On sait que le financement général des universités stagne et que la population étudiante locale est appelée à  diminuer alors même qu’elle se diversifie.

Plus que jamais, nous visons à proposer aux étudiants la meilleure formation, une formation qui les prépare à un parcours professionnel qui réponde à leurs attentes, ou à la poursuite de leurs études. Cette formation doit s’adapter aux étudiants dont le profil change, notamment en matière de culture, d’âge, de responsabilités familiales. Leurs attentes de formation se manifestent également tout au cours de leur vie.

Les défis

Au plan national et international, les lignes bougent en milieu universitaire.

Nous connaissons une complexification des besoins de formation et une explosion de notre capacité à produire des données. L’apport du milieu universitaire est essentiel pour transformer ces dernières en savoir innovant et utile. L’Université doit appuyer ses équipes afin de générer, valider et mobiliser de nouvelles connaissances au profit de l’ensemble de la société.

L’internationalisation induit plusieurs changements dans la définition des formations, la façon de les communiquer, et ses formes liées à l’ubiquité numérique. La mobilité mondiale des étudiants, des chercheurs et des professeurs bouscule les frontières et définit de nouveaux horizons aux réseaux académiques.

Dans une perspective autant nationale que mondiale, l’assurance de la qualité de nos formations et l’attrait de nos diplômes sont des caractéristiques auxquelles nous tenons. Nos formations sont à la fine pointe de la connaissance et en adéquation avec les besoins de la science et de la création (savoirs spécialisés), ainsi qu’avec une préparation à la vie professionnelle et citoyenne.

Notre position de leader en recherche au plan national et international et notre rayonnement doivent être consolidés et améliorés en valorisant nos forces. Nous devons également rehausser notre capacité à miser sur notre diversité disciplinaire pour construire des approches de recherche à la fois collaboratives et innovantes.

Il importe que notre modèle organisationnel puisse servir une action forte et agile de l’Université dans le cadre d’une gouvernance académique optimisée.

Savoirs et connaissance

Les problèmes complexes appellent à la fois une spécialisation des savoirs et un traitement multifacettes. Les connexions et l’interconnectivité des secteurs disciplinaires deviennent des enjeux stratégiques dans la quête de la connaissance.

L’évolution de la recherche est nettement à l’interface des disciplines. La recherche traite de problèmes qui ne sont pas à priori internes à un champ disciplinaire. D’ailleurs, l’innovation est bien souvent fonction de chocs ou de surprises qui découlent des interconnexions entre savoirs disciplinaires.

Les cheminements professionnels d’aujourd’hui et de demain conduisent ou conduiront les personnes à plusieurs emplois, dans un environnement de mondialisation et de grande diversité. Les diplômés seront appelés à traiter de questions multidimensionnelles et à résoudre des problèmes en collaboration avec des professionnels d’autres disciplines.

Nous devons, pour assumer pleinement notre leadership en recherche et en création, nous doter des moyens pour soutenir, promouvoir et mobiliser les connaissances développées à l’Université au bénéfice de la société.

Nous devons travailler à offrir la meilleure formation et le meilleur environnement de recherche qui tiennent compte de ces constats. Nous devons le faire dans des conditions difficiles de financement de l’enseignement et de la recherche.

Une culture de collaboration

L’université est traversée par un paradoxe entre la grande spécialisation des savoirs et un nécessaire traitement multifacettes de problèmes complexes.

Il en découle que nous devons concilier des formations disciplinaires de haute qualité (expertises spécialisées) avec des formations connexes ou complémentaires, ouvrir et consolider de nouveaux pans de la recherche et développer des compétences transversales pour une meilleure préparation des diplômés à une vie professionnelle et à une vie citoyenne engagée et responsable.

La configuration de nos unités académiques et nos modes de fonctionnement ne favorisent pas assez la culture de collaboration et d’échanges dont nous avons besoin pour nous développer. Le découpage actuel favorise un fractionnement des programmes et des spécialisations. La culture privilégiant les problématiques d’interface de plusieurs disciplines reste à être implantée. En somme, plusieurs obstacles freinent l’accroissement de l’interactivité entre nos secteurs d’expertise.

Se transformer

La révision de notre environnement académique devrait contribuer à une plus riche expérience étudiante et à une vie professionnelle plus stimulante pour le corps enseignant et les employés de notre établissement.

Ces remarques nous invitent à revoir nos grandes orientations et notre mode de fonctionnement.

Nous cherchons à mettre en valeur de grandes familles de formation et de recherche, et mettre en relief des dynamiques qu’il est pertinent d’encourager et de développer.

Cela en s’assurant que la relation du personnel enseignant à son unité d’embauche soit maintenue. Tout autant, les formations initiales ainsi que professionnelles, dont celles soumises à des agréments, ne sont pas visées.

Il nous faut trouver la formule permettant d’accentuer la proximité et l’interactivité à la fois des spécialisations, des personnels et des services.

Proposition à l’Assemblée universitaire du 7 décembre 2015

État de la question

Lors de la séance de l’Assemblée universitaire du 2 avril 2015, le recteur Guy Breton a obtenu l’agrément de l’Assemblée à la composition de sa nouvelle équipe. Depuis le 1er juin 2015, la question de la transformation institutionnelle a progressé sous l’égide du vice-recteur au développement académique et à la transformation institutionnelle, Gérard Boismenu, et de son équipe.

Pour amorcer cette réflexion, le vice-recteur a mis en œuvre un processus de co-création avec les membres de la direction élargie qui vise à arrêter une première hypothèse de travail. De ces discussions sont issus le document intitulé « Réflexions sur la transformation de l’Université de Montréal » et un plan de consultation de la communauté. Ces documents ont été présentés au Comité de planification qui s’est réuni le 4 décembre pour les entériner.

Le document « Réflexions sur la transformation de l’Université de Montréal » est aujourd’hui porté à l’attention des membres de l’Assemblée universitaire pour discussion.

Au cours de la première semaine de décembre, la démarche de consultation est lancée par la mise en ligne d’un site web dédié. La communauté y est invitée à soumettre des commentaires et mémoires et à prendre connaissance du calendrier des activités de consultations qui viendront, notamment des ateliers publics de discussion ouverts à l’ensemble de la communauté.

Le vice-recteur au développement académique et à la transformation institutionnelle informera l’Assemblée de l’état d’avancement de cette question à chacune de ses séances régulières.

Proposition

Que l’Assemblée universitaire prenne acte de la démarche de consultation convenue par le Comité de planification et du document déposé intitulé « Réflexions sur la transformation de l’Université de Montréal ».